Le Chevalier F. R. de Tussac
Linnaei, Classis 6, ordo 1, Hexandria Monogynia
Jussiei, Classis 3, ordo 7, Narcissi
Flos unicus, aut plures, in spatha membranacea, latere dehiscente
inclusi.
Calyx superus, rarius inferus, coloratus, basi tubulosus, aut
campanulatus, aut infundibuliformis, fauce squamulis sex instructus, limbo
inaequaliter, rarius aequaliter diviso, lobis partim reflexis.
Corolla. o.
Stamina sex, aut recta, aut declinata, tubo calycino inserta.
Ovarium inferum, stylus filiformis saepe declinatus, stigma trifidum.
Capsula trilocularis, trivalvis, polysperma.
Spatha subbiflora, pedicellis brevibus, tubo horisontali, lymbo oblique
patulo, sursum curvo, fauce piloso. Ait. Kew. 1. p. 417.
Jacq. hort. Schöb. p. 33. t. 63.
Amaryllis dubia. Linn. Amoen. Acad. 8. p. 254.
Lilium americanum puniceo flore bella dona dictum.
Herm. parad. 194. t. 194.
Lilium rubicundum. Merian. Surinam. 22. t. 22.
Amaryllis punicea. Lam. encycl.
D'une bulbe presque sphérique, sortent plusieurs
feuilles planes, de longueur inégale, disposées en deux
faisceaux opposés, du centre desquels sort une hampe de six à
huite pouces de hauteur, terminée par une spathe membraneus, qui, en
s'ouvrant par le côté, met à découvert deux
fleurs, rarement trois, d'un beau rouge pourpre, formant une espèce
de cloche, dont le limbe est divisé profondement en six
pièces, et muni, à son orifice, de six petites
écailles. Les etamines, au nombre de six, sont quelquefois
inclinées, et supportent des anthères oblongues. L'ovaire,
qui es inférieur, est ovale, et surmonté d'un style filiforme
terminé par un stigmate trifide. Le fruit est une capsule
obtusément trigone, triloculaire, à trois valves et
polysperme.
Cette charmante liliacée semble avoir
adopté, pour sa patrie, les mornes les plus arides et les plus
dénués de terre végétale; elle y croît en
si grande quantité, qu'elle en couvre presque totalement le sol, et
donne, au printemps, un aspect agréable, mais de peu de
durée, à des terres qui, sans cet ornement, n'offrent que la
triste image de la stérilité. On la trouve dans toutes les
Antilles. On l'a transportée, avec raison, dans les parterres,
où l'on en fait de jolies bordures.
Parmi tous les genres de plantes dont la connoissance est
parvenue jusqu'à nous, il en est très peu dont quelques
espèces peuvent croître dans les quatre parties du globe, et
sous toutes les zônes. Les Lys sont de ce nombre. Il semble que la
nature, amoureuse de son ouvrage, ait voulu en faire jouir les peuples de
tous les pays. D'aprés cela, les Français ne sont-ils pas
fondés à s'enorgueillir du choix qu'ils ont fait de cette
reine des fleurs pour en faire l'emblême de la royauté? Le
bonheur de la Nation française n'a-t-il pas duré aussi
long-temps que son admiration et sa vénération
allégorique pour cette fleur? Que s'est-il passé dans
l'espace de temps où sa culture étoit un crime capital?
Puissé-je tirer, sur cet horrible tableau, un rideau assez
épais pour que les races futures n'en puissent apercevoir ni la
composition, ni les couleurs.